Quel équipement choisir pour débuter et progresser en Iaido ou en Iaijutsu ? Quel équipement choisir pour débuter et progresser en Iaido ou en Iaijutsu ?

Quel équipement choisir pour débuter et progresser en Iaido ou en Iaijutsu ?

Lorsqu’on commence la pratique du Iaido ou du Iaijutsu, une question revient rapidement : quel équipement faut-il acheter et dans quel ordre ?

Il est facile de croire qu’il faut immédiatement investir dans un beau sabre japonais. Pourtant, ce n’est généralement pas ce que je recommande à mes élèves. Comme dans beaucoup d’arts martiaux traditionnels, l’équipement devrait évoluer avec le pratiquant, son expérience et ses besoins.

On peut très bien commencer avec quelques accessoires simples et relativement abordables, puis améliorer progressivement son équipement. Cette approche permet non seulement d’étaler les dépenses, mais surtout d’acquérir les bases techniques avant de passer à un équipement plus spécialisé.

Voici donc la progression que je recommande généralement.

1. Commencer simplement : le bokken ou bokutō

Le premier achat que je recommande est un sabre d’entraînement en bois, appelé bokken ou bokutō.

C’est probablement l’un des meilleurs investissements pour commencer. Il permet d’apprendre les mouvements fondamentaux du sabre japonais sans avoir à investir immédiatement dans un iaito.

Avec un bokken, on peut notamment travailler la prise du sabre, les déplacements, la posture, les trajectoires de coupe, le contrôle de la pointe, la coordination du corps ainsi qu’une grande partie des mouvements fondamentaux enseignés au dojo.

C’est également un excellent outil pour s’entraîner à la maison.

Un petit truc de Sensei qui a dû enseigner virtuellement durant la pandémie : lorsque vous pratiquez à l’intérieur et que votre plafond n’est pas très haut, travaillez à genoux !

Ce simple changement permet de gagner une hauteur considérable et peut vous éviter de frapper le plafond, un luminaire… ou de laisser une belle marque dans un mur. Je parle ici avec l’expérience de plusieurs heures d’enseignement virtuel !

Évidemment, même avec un sabre de bois, il faut toujours s’assurer de disposer d’un espace sécuritaire autour de soi. Un bokken demeure une arme d’entraînement rigide qui peut provoquer des blessures ou des dommages importants.

Pour débuter, un modèle simple en chêne rouge ou en chêne blanc convient parfaitement.

Produit suggéré : Sabre d’entraînement en bois – Bokken / Bokutō 40″ – Chêne rouge ou blanc

2. L’obi : apprendre à porter correctement son sabre

Le deuxième achat que je recommande est un obi adapté à la pratique du Iaido.

L’obi est beaucoup plus qu’une simple ceinture décorative. Sa largeur et son épaisseur permettent de maintenir correctement le sabre et de créer les différentes couches dans lesquelles la saya sera insérée.

Le positionnement du sabre influence directement plusieurs aspects techniques : le dégainage, le contrôle de la saya, l’angle du sabre, le nōtō et même certains déplacements.

On commence alors à comprendre que le sabre n’est pas simplement tenu dans les mains : il fait partie de la posture et de l’organisation globale du corps.

Un obi adéquat permet donc de développer de bonnes habitudes avant même l’achat d’un véritable iaito.

Voir nos obi pour Iaido : Collection d’obi pour Iaido

3. Ajouter une saya de plastique

Une fois les premiers mouvements acquis avec le bokken, je recommande généralement l’ajout d’une saya de plastique adaptée au sabre d’entraînement.

C’est une étape particulièrement intéressante, car elle permet de se rapprocher davantage du travail effectué avec un iaito.

On peut alors commencer à pratiquer plus sérieusement le nukitsuke, c’est-à-dire l’action de dégainer tout en réalisant une première action offensive ou de contrôle, ainsi que le nōtō, le retour de la lame dans la saya.

Le travail de la saya est fondamental. Dans plusieurs formes de Iaido et de Iaijutsu, la main gauche ne demeure pas passive. Elle participe activement au dégainage par le travail du sayabiki, c’est-à-dire le mouvement de retrait et de contrôle de la saya.

La saya de plastique possède aussi un avantage très pratique pour le débutant : elle est relativement résistante et remplaçable.

Lorsqu’on apprend à dégainer et surtout à rengainer, les erreurs de trajectoire sont normales. Même après des années de pratique, il peut arriver de commettre une erreur. J’ai moi-même déjà endommagé une saya malgré mon expérience.

Il vaut donc mieux faire certaines erreurs avec une saya d’entraînement abordable qu’avec la saya beaucoup plus coûteuse d’un iaito japonais.

Produit suggéré : Saya de plastique pour sabre de pratique en bois (Bokken)

4. Le hakama : bien plus qu’une question d’apparence

Vient ensuite le hakama.

Pour la pratique du Iaido, je recommande idéalement un hakama spécifiquement conçu pour cette discipline. Un hakama d’Aikido peut également convenir pour commencer, mais certains détails distinguent les modèles destinés au Iaido.

Le koshi-ita, la partie plus rigide située à l’arrière du hakama, contribue notamment à sa tenue et au maintien de l’ensemble.

Un bon hakama doit également permettre des déplacements fluides et conserver correctement ses plis. Ces derniers ne sont pas qu’esthétiques : ils font partie de la structure traditionnelle du vêtement.

Un détail que je recommande de vérifier avant l’achat concerne justement l’entretien des plis.

Les hakama de qualité, comme certains modèles de la compagnie japonaise Tozando, possèdent des attaches intérieures permettant de mieux maintenir les plis lors du lavage et du séchage. Cela peut sembler secondaire lors de l’achat, mais après plusieurs lavages, vous comprendrez rapidement l’intérêt de cette caractéristique !

Un hakama de qualité et bien entretenu peut accompagner un pratiquant pendant de nombreuses années.

Produit suggéré : Hakama Tetron – Iaido/Kyudo – Tozando

5. Le grand investissement : choisir son premier iaito

Après une certaine période de pratique vient finalement le moment que plusieurs attendent avec impatience : l’achat du iaito.

C’est ici que je recommande d’être particulièrement prudent.

Un iaito n’est pas simplement un objet décoratif ayant l’apparence d’un katana. C’est un véritable outil d’entraînement qui sera dégainé et rengainé des centaines, puis des milliers de fois.

Pour une pratique sérieuse et régulière, je déconseille donc les sabres décoratifs ou les reproductions bon marché dont on ne connaît ni la fabrication ni la solidité. Le sabre en plastique acheté dans une boutique de souvenirs peut être amusant, mais il ne constitue pas un véritable outil pour une pratique sérieuse du Iaido ou du Iaijutsu.

Personnellement, je privilégie un iaito de qualité provenant du Japon et conçu spécifiquement pour la pratique des arts du sabre.

L’équilibre, la longueur, le poids, la construction de la tsuka, l’ajustement de la saya et la qualité générale de l’assemblage influencent directement la pratique et, surtout, la sécurité.

Un détail intéressant à observer est la construction de la tsuka, la poignée. Sous le tressage (tsuka-ito), on retrouve traditionnellement du samegawa, de la peau de raie. On l’appelle parfois « peau de requin », mais il s’agit bien de peau de raie. Sa surface rugueuse contribue notamment à stabiliser le tressage.

Il y a surtout un élément que tout pratiquant devrait apprendre à vérifier régulièrement : le mekugi.

Le mekugi est la goupille qui contribue à maintenir la poignée assemblée à la soie de la lame. Prenez l’habitude de vérifier son état et de vous assurer qu’il est correctement positionné. Avec une arme d’entraînement que l’on manipule à grande vitesse, la sécurité ne doit jamais être considérée comme acquise.

Exemple de iaito japonais : Iaito – Sabre de pratique japonais Toryumon Koshirae

Avant l’achat, je recommande également de consulter votre instructeur. La longueur de la lame, celle de la tsuka et le poids du iaito doivent être adaptés au pratiquant, mais aussi aux particularités de l’école dans laquelle il étudie.

Le plus beau sabre n’est pas nécessairement le meilleur sabre pour vous.

6. Protéger son investissement avec un étui

Lorsqu’on investit une somme importante dans un iaito, il devient logique de le protéger correctement.

Un étui de transport pour sabre protège la saya, la tsuka et les différentes composantes contre les chocs et les égratignures durant les déplacements.

Il répond également à une considération beaucoup plus pratique : vous ne voulez évidemment pas vous promener dans la rue ou entrer dans un commerce avec ce qui ressemble à un katana directement à la main !

Un étui permet un transport beaucoup plus discret et approprié entre la maison, le dojo, les stages et les séminaires. Certains modèles permettent également de transporter plusieurs sabres, ce qui devient intéressant lorsqu’on possède éventuellement un bokken, un iaito et d’autres armes d’entraînement.

Voir nos étuis pour sabres : Étuis pour sabres

7. Ne pas oublier l’entretien

L’achat du sabre n’est que le début. Il faut également apprendre à prendre soin de son équipement.

Je recommande donc d’avoir un ensemble d’entretien adapté au sabre japonais.

Même si un iaito moderne ne demande pas exactement le même entretien qu’une lame traditionnelle en acier au carbone, il est important de nettoyer régulièrement son équipement et d’inspecter la lame, la tsuka, le mekugi, la tsuba et la saya.

Cette inspection régulière est d’ailleurs une excellente habitude martiale.

Prendre soin de son sabre fait partie de la pratique.

Produit suggéré : Ensemble d’entretien pour sabre – Iaito / Katana

8. Et éventuellement… le shinken

Pour certains pratiquants, le chemin mène éventuellement au shinken, un véritable sabre doté d’une lame tranchante.

À ce niveau, nous changeons complètement de catégorie.

Le shinken peut notamment être utilisé dans certaines écoles pour la pratique de la coupe, généralement appelée tameshigiri, ou dans certains contextes suemonogiri, selon la tradition et la nature du travail effectué. On utilise notamment des cibles constituées de nattes roulées et préparées pour la coupe.

Cette pratique doit toutefois être effectuée sous la supervision d’un instructeur compétent. Une lame tranchante ne pardonne évidemment pas les mêmes erreurs qu’un bokken ou un iaito.

Dans le contexte d’un dojo où un sabre est destiné à l’initiation à la coupe ou à être utilisé par plusieurs pratiquants, il n’est pas toujours judicieux d’investir immédiatement dans une pièce extrêmement coûteuse.

Un sabre destiné à l’apprentissage risque de subir de mauvaises trajectoires, des torsions ou des impacts. Il faut donc rechercher avant tout un outil sécuritaire, fonctionnel et adapté à l’utilisation prévue plutôt qu’une pièce prestigieuse ou de collection.

Pour un shinken personnel destiné à accompagner un pratiquant expérimenté pendant plusieurs années, les critères deviennent évidemment différents et l’investissement peut alors être plus important.

Construire son équipement au même rythme que sa pratique

Il n’est donc pas nécessaire d’acheter tout son équipement dès le premier cours de Iaido ou de Iaijutsu.

Je préfère voir l’équipement évoluer progressivement :

Bokken → Obi → Saya d’entraînement → Hakama → Iaito → Étui et entretien → éventuellement Shinken.

Cette progression permet de développer les habiletés nécessaires avant chaque nouvel investissement et, surtout, de mieux comprendre ce que l’on recherche réellement dans son équipement.

Après quelques mois ou quelques années de pratique, notre perception d’un bon sabre change énormément. On commence à sentir des éléments auxquels on ne portait aucune attention au départ : l’équilibre, la longueur, le poids, le hasuji — l’orientation correcte du tranchant —, le contrôle de la saya ou encore la forme et la longueur de la tsuka.

L’équipement doit demeurer au service de la pratique, et non l’inverse.

Un magnifique iaito ne remplacera jamais des milliers de répétitions. À l’inverse, un simple bokken entre les mains d’un pratiquant sérieux permet déjà un travail considérable.

Commencez donc simplement, investissez progressivement dans du matériel adapté et, lorsque vient le moment de choisir un équipement plus spécialisé, demandez conseil à votre instructeur.

C’est souvent lui qui pourra vous éviter l’achat le plus coûteux de tous : celui d’un équipement magnifique… mais qui ne convient pas à votre pratique.

Bonne pratique !

À propos de l’auteur

Larry Foisy enseigne les arts martiaux depuis plus de 30 ans. Il est 6e dan, Renshi/Shihan en Shorinjiryu Karatedo et est également reconnu comme Shihan par la Dai Nippon Butoku Kai de Kyoto, au Japon. Kinésithérapeute de formation et titulaire d’une maîtrise en informatique, il allie connaissances scientifiques et pratique martiale traditionnelle.

Fondateur et directeur du Centre d’arts martiaux Larry Foisy ainsi que de la boutique spécialisée e-TAO.ca, il enseigne notamment le Karatedo, le Iaido (Muso Jikiden Eishin-ryu, 3e dan), le Iaijutsu (2e dan KNBK), le Koshiki — dont il est ancien champion du monde et arbitre international —, le Kudo, le Kyusho-jitsu, le Goshin-jutsu ainsi que le Bukki-ho.

Son parcours comprend également le judo, le Muay Thaï et l’aïkido, en plus de sa pratique du jiu-jitsu brésilien et du Tai Chi Chuan. À travers ses chroniques, Larry Foisy souhaite partager les connaissances techniques, historiques et philosophiques qui entourent les arts martiaux traditionnels, mais également les valeurs de respect, de rigueur, de persévérance et de développement personnel qui constituent leur véritable héritage.